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Les enjeux du changement climatique en Afrique

 

L’Afrique est directement touchée par le réchauffement climatique et est confrontée à une demande croissante en électricité. Les énergies renouvelables sont une manière d’accompagner le continent face à ces enjeux.
 


" C’est sur l’ensemble de la chaîne, de la production d’énergie primaire à la consommation d’énergie finale, que nous souhaitons intervenir pour lutter contre le changement climatique."
Patrick Pouyanné, Président-directeur général de Total


 

Wilfran Moufouma-Okia, Climatologue et Chercheur à l’Université Paris-Saclay, travaille actuellement dans l’unité de support technique du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Pour Total, il livre son analyse sur ce sujet aux multiples défis.
 

Que savons-nous du changement climatique ?

L’influence de l’homme sur le réchauffement climatique est aujourd’hui clairement établie. Le dernier rapport d’évaluation du GIEC, paru en 2013, indique que les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine sont les plus élevées jamais observées depuis l’époque  préindustrielle. Leurs effets, associés à ceux d’autres facteurs anthropiques, ont été détectés dans tout le système climatique et il est extrêmement probable qu’ils aient été la cause principale du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle.

 

Que prévoyait l’Accord de Paris sur le climat signé en 2015 ?

Sa principale ambition était de limiter la hausse de la température « bien en deçà de + 2 °C » et de « poursuivre les efforts pour la limiter à + 1,5 °C » par rapport aux niveaux préindustriels. Cet accord lançait de nouveaux défis à la société. Il prévoyait que les engagements de  réduction d’émission des États soient révisés tous les cinq ans, avec une première révision obligatoire en 2025. C’était une incitation au développement et au déploiement de solutions d’économie d’énergie ou de production décarbonée. Les acteurs économiques s’y sont dès lors préparés. Pour la première fois, à la dernière Conférence des Parties sur les Changements Climatiques en 2017 (COP23), des acteurs non gouvernementaux sont entrés dans le processus formel des négociations.

 

Quelles sont les conséquences environnementales en Afrique ?

Avec l’évolution du régime pluviométrique de ces dernières années, on note très clairement pour les endroits dotés de points d’observation : une tendance à la baisse des pluies annuelles au Sahel en Afrique de l’Ouest et une augmentation en Afrique de l’Est et du Sud. Il est très probable que la hausse des températures et les changements de précipitations réduiront la productivité des cultures céréalières, ce qui s’accompagnera d’effets fortement néfastes sur la sécurité alimentaire. Le tiers des espèces de poissons et le cinquième des espèces de poissons endémiques se trouvent dans des écorégions(1) qui pourraient subir de plus de 40 % un changement du débit des cours d’eau ou du ruissellement d’ici à 2050. C’est pourquoi nous devons poursuivre les progrès réalisés dans la gestion des crises.

(1) Unité étendue de terre ou d’eau qui contient un assemblage d’espèces, de communautés naturelles et de conditions environnementales qui se distingue au plan géographique, d’après le WWF (World Wide Fund for Nature)

 


Répondre aux défis du changement climatique

Entretien avec Marc-Antoine Eyl-Mazzega
Avec un coût moindre qui permet une accélération du développement des énergies renouvelables et des business models éprouvés, un pays africain peut mener une politique bas-carbone.

Marc-Antoine Eyl-Mazzega Directeur du Centre Énergie de l’IFRI (Institut français des relations internationales)

Quelles sont les mesures prises en Afrique pour lutter contre le changement climatique ?

La première des mesures prises par la plupart des pays africains a été celle de participer aux négociations climatiques internationales et de faire entendre leurs voix face aux pays pollueurs. L’Afrique du Sud, porte-parole du Groupe des 77 à la COP21, a décidé depuis 2011 de se diversifier en favorisant notamment l’énergie hydraulique, le solaire et l’éolien. Quant au Kenya et au Rwanda, ils sont à la pointe pour interdire les plastiques non recyclables. À Addis-Abeba (Éthiopie), la combustion des déchets retraités génère de l’électricité, ce qui résout une partie des problèmes environnementaux et l’accès à l’électricité. Le secteur privé en Afrique joue aussi un rôle. C’est le cas de Total qui contribue au déploiement de l’énergie solaire en rejoignant l’initiative Terrawatt. Ce projet vise à promouvoir le déploiement de l’énergie solaire à un coût abordable, via notamment la standardisation des procédures, une façon concrète de permettre aux pays africains de mener une politique d’électrification bas-carbone efficace. L’enjeu crucial sera aussi celui des investissements dans les solutions d’adaptation.

 

Où en est l’Afrique en matière d’énergies renouvelables ?

L’énergie hydraulique est la plus déployée en Afrique, mais les projets développés ne sont malheureusement pas encore à la hauteur des besoins. L’Afrique subsaharienne va voir sa démographie doubler dans les 25 prochaines années. L’enjeu est donc le changement d’échelle. Il appartient aux acteurs locaux et au secteur privé de jouer pleinement leur rôle et de mettre en oeuvre des business models ayant déjà prouvé leur efficacité. Les États qui démontrent une véritable volonté de développement ont hélas peu de moyens et, en général, il faut faire davantage pour mobiliser l’épargne locale et renforcer la fiscalité. L’enjeu est de créer des caisses de dépôts, d’améliorer la collecte des impôts, souvent inexistante, et de promouvoir la gouvernance des ressources financières pour dégager des capacités d’investissements. Le Maroc, l’Éthiopie, le Sénégal et l’Égypte font partie des pays qui ont mis en place une politique de développement des énergies renouvelables.

 

Quelles sont les solutions durables envisageables ?

On voit apparaître trois grands schémas : les énergies renouvelables connectées aux réseaux existants, le développement des solutions décentralisées et les systèmes individuels qui relient un panneau solaire à un branchement électrique pour alimenter un téléphone ou un réfrigérateur, par exemple. Plus tard, des technologies de stockage par batterie apporteront des bénéfices économiques, sociaux et environnementaux. La création de nouvelles villes durables est également envisageable. Il faudra à terme, mettre en place des standards d’isolation des bâtiments, des schémas de transport public bascarbone et des réseaux centralisés de refroidissement pour éviter les climatiseurs individuels. L’enjeu est donc double : mettre en oeuvre des politiques d’adaptation au changement climatique et assurer une électrification sur la base de technologies bas-carbone, en accélérant et renforçant encore les efforts pour changer d’échelle.

Le fonds OGCI investit dans des technologies à faibles émissions

Lancée en 2014 par Total et neuf autres compagnies, Oil and Gas Climate Initiative (OGCI) déploie des actions en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’industrie pétrolière. En 2017, l’OGCI Climate Investments a annoncé investir dans une technologie brevetée générant moins d’émissions en remplaçant l’eau par du CO2 pour durcir le béton. Autres avancées : des moteurs à pistons opposés à haut rendement réduisant les émissions produites par les véhicules ; un projet de centrale à gaz à grande échelle visant à capter et stocker le carbone.


Des solutions propres pour une demande croissante en électricité

Aujourd’hui, plus de la moitié des Africains n’a pas accès à l’électricité. Et dans les 20 ans à venir, avec la croissance émographique, la demande en électricité augmentera plus vite que la demande en énergie (GPL, gaz en bouteilles…). « Le gaz naturel, comme moyen de substitution au charbon, et les énergies renouvelables, en particulier le solaire, constituent une réponse fiable à cette nouvelle donne », affirme Julien Pouget, Directeur Adjoint des Énergies renouvelables de Total.

PRÉFÉRER LE GAZ AU CHARBON
Aujourd’hui, un tiers de la production électrique en Afrique est générée par le charbon, la plus polluante des énergies fossiles. « Il faut rappeler que le gaz naturel émet en moyenne 50 à 60 % de CO2 en moins lors de sa combustion », indique Julien Pouget. Disponible en abondance, le gaz pourra satisfaire les besoins croissants en électricité, notamment en Algérie, en Égypte, au Nigeria et en Afrique du Sud, tout en répondant aux enjeux climatiques de nombreux pays, à condition de maîtriser les émissions de méthane liées à sa production et à son transport. Et pour le rendre abordable et disponible rapidement au plus grand nombre, Total développe actuellement des projets de barges de stockage et de regazéification de gaz naturel liquéfié (FSRU(1)) sur le continent : le premier sera en Côte d’Ivoire.

 

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Lampe solaire Awango vendue en station-service (Tableview à Blouberg, Afrique du Sud) 

 

ACCÉLÉRER LE DÉVELOPPEMENT DU SOLAIRE
Les énergies renouvelables, qui disposent en Afrique de gisements considérables, permettront aussi de répondre à la demande croissante en électricité et viendront prendre une place importante au côté du gaz naturel. Sur ce chemin, Total ambitionne de devenir l’acteur de référence de l’énergie solaire sur le continent, en tirant le meilleur de ses différents vecteurs de développement que sont Total Eren, Total Solar et SunPower. Le Groupe s’appuie sur les compétences et les fortes assises locales des branches d’Exploration-Production et du Marketing & Services. Cette montée en puissance s’accompagne de défis divers, notamment structurels, que le Groupe veut contribuer à résoudre en standardisant la documentation contractuelle liée aux projets renouvelables et en agrégeant les projets, pour permettre une mise à disposition facilitée des financements. Le développement du solaire en Afrique requiert par ailleurs d’explorer avec audace de nouveaux segments de marché. « Entre les lampes solaires déployées avec succès par le programme Awango, qui a touché plus de 10 millions de personnes depuis 2010 et les grandes fermes solaires, telles celles que nous avons construites en Afrique du Sud, il existe un vaste créneau », souligne Julien Pouget. La distribution d’électricité grâce au solaire va s’accélérer en Afrique, comme ce fut le cas pour le passage direct à la téléphonie mobile ces 15 dernières années, sans passer par la téléphonie fixe. D’ailleurs, c’est un segment que le Groupe explore actuellement en Afrique, vis-à-vis des communautés rurales, au travers des prises de participation de Total Energy Ventures (Powerhive et Off Grid Electric) ou des projets portés par Winch Energy (filiale de Total Eren). « Dès que des solutions de stockage d’énergie viendront compléter ces installations solaires distribuées, la question de l’intermittence sera résolue et le secteur connaîtra un développement très accéléré », conclut Julien Pouget.

(1) Floating Storage Regasification Unit

 

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FPU, Likouf, projet Moho Nord, Congo

 

" Le développement des renouvelables sur le continent africain contribuera de façon déterminante à résoudre la problématique de la sous-électrification. Nous avons là un rôle à jouer."
Julien Pouget

Moho Nord : exigeant sur les normes environnementales

Projet d’Exploration-Production lancé au large des côtes congolaises en mars 2013, Moho Nord a été conçue de manière à minimiser les impacts sur l’environnement grâce à : l’absence de torchage de gaz dans des conditions d’exploitation normales ; l’utilisation de technologies de pointe pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ; l’exportation de tout gaz excédentaire. C’est aussi le premier développement au Congo à réinjecter toute l’eau produite dans les réservoirs.

 



Une première en matière d’énergie solaire

Développée par Total Eren et son partenaire Africa Energy Management Platform (AEMP), la centrale solaire d’Essakane est une grande première pour l’industrie des énergies renouvelables et pour le secteur minier. D’une puissance de 15 MWc(1), elle permet à la mine d’or d’IAMGOLD Essakane SA de réduire ses coûts d’énergie et sa dépendance aux produits pétroliers importés. Essakane Solar représente la plus grande centrale hybride solaire thermique au monde et l’une des plus grandes installations solaires d’Afrique subsaharienne.

QUELLES PERSPECTIVES ?
La mise en service d’Essakane illustre une double révolution énergétique en marche : d’une part, la baisse des coûts de la technologie photovoltaïque permet d’ores et déjà au solaire de concurrencer les énergies fossiles, d’autre part, la baisse des coûts des batteries de stockage d’énergie permettra demain d’augmenter sensiblement la part du solaire dans les systèmes hybrides. Soucieux d’aider les industriels à se concentrer sur leur métier, Total peut aujourd’hui développer, construire, financer et exploiter des solutions pour approvisionner ses clients miniers en énergie renouvelable compétitive.

 

" Au Burkina Faso, Total Eren remplace chaque mois 500 tonnes de fioul lourd par de l’énergie solaire à la mine d’or d’IAMGOLD Essakane."
Christophe Fleurence, VP Business Development Afrique pour Total Eren

 

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Site d'Essakane Solar, Burkina Faso

 

(1) MWc : mégawatt-crête, unité mesurant la puissance des panneaux photovoltaïques