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MALAWI – La sécurité routière, un jeu d’enfant ?

La route tue plus que le paludisme

Plus des trois quarts des écoliers de Limbe vont à l’école à pied. Le long des routes embouteillées de cette ville adossée à Blantyre, la capitale commerciale du pays, certains d’entre eux marchent jusqu’à six kilomètres chaque jour pour aller en classe et rentrer des cours.
« Sur le chemin, le danger est omniprésent, souligne Evelyn Mjima, responsable de l’Éducation dans les écoles primaires du district. Les accidents sont fréquents puisque les enfants doivent traverser sans passage piéton et sans signalisation. »
Au Malawi (18 millions d’habitants), les accidents de la route constituent la première cause de mortalité des jeunes entre 5 et 29 ans. Ils tuent davantage que le paludisme. La lutte contre l’insécurité routière est donc devenue une priorité nationale. Les autorités ont mis en place plusieurs programmes de prévention dans les écoles, en partenariat avec des organisations non-gouvernementales et des entreprises. Total Malawi participe activement à cette démarche. Le dispositif conçu en collaboration avec la Sécurité Routière du Malawi, le Ministère de l’Éducation et la police de la route permet de sensibiliser et de former les 6-12 ans à la sécurité routière sur la durée. Total Malawi participe aussi à l’amélioration des infrastructures et rénove des passages piétons.

Enfants du programme Road Safety
Le danger est omniprésent […] puisque les enfants doivent traverser sans passage piéton et signalisation. 

Evelyn Mjima responsable de l'Éducation dans les écoles primaires du district

Responsables, ensemble !

Lancée dans le pays en avril 2014, cette campagne de sensibilisation a déjà touché plus de 8 000 enfants dans 5 écoles primaires. Ludique, la démarche permet aux enseignants de passer en revue avec les écoliers le sens de la signalisation, les risques encourus et les comportements à adopter. Pratique, elle vise aussi à intégrer la sécurité routière dans les leçons données en classe pour assurer sa diffusion dans la durée. « Nous avons déployé l’initiative à partir de mars 2018 à Saint Kizito Boys Primary School et Saint Maria Goretti School, deux écoles de Limbe situées à côté d’axes routiers dangereux », reprend Evelyn Mjima. Lors de la cérémonie d’inauguration, des officiers de police et un chauffeur routier du transporteur Rashy Motors ont fait part aux écoliers de leur expérience de la route, des causes d’accidents dont ils ont été témoins et des comportements à adopter pour éviter de tels drames.

Jusqu’en 2019, chaque intervention s’est appuyée sur le « Cube Sécurité ». Ce support pédagogique distribué dans les écoles participantes mettait à disposition des instituteurs et des élèves plusieurs outils : livrets de cours, brochures, cahiers d’exercices, quiz, mini-panneaux de signalisation routière... Mais pour traverser la route en toute sécurité, il ne suffit pas d’expliquer dans une salle de classe les bonnes règles générales à suivre. Les retours d’expérience du « Cube Sécurité » ont permis de faire progresser notre stratégie de sécurité routière vers une initiative plus modulaire, mieux adaptée à chaque contexte.

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À Limbe, les écoliers ne traversent plus comme avant

À Limbe, une équipe d’enseignants a ainsi été spécialement formée pour aider sur place chaque jour les jeunes à traverser sans prendre de risques. Aux heures de pointe matin et soir, cette patrouille scolaire contrôle la circulation aux passages piétons et sécurise les zones les plus dangereuses sur les deux routes les plus fréquentées, équipée de gilets fluorescents et de panneaux portatifs de signalisation fournis dans le kit de « Patrouille Scolaire » de Total.

Programme Road safety
Les enfants sont enthousiastes car les équipes les responsabilisent et les font participer directement à la régulation de la circulation. 

Evelyn Mjima

Vers une mobilité plus sûre

« Les enfants sont enthousiastes car les équipes les responsabilisent et les font participer directement à la régulation de la circulation, souligne Evelyn Mjima. Ils apprennent en situation réelle sur le terrain en s’appropriant le bon comportement pour maîtriser leur sécurité. Ce dispositif est crucial, puisqu’un accident a eu lieu récemment là où ces patrouilles n’étaient pas déployées. »

Le programme de sécurité routière a été étendu en avril 2019 à un troisième établissement, la Misesa Primary School de Blantyre. « Il est indispensable de toucher le plus de gens possible en changeant directement les pratiques sur le terrain, toujours par petits groupes, poursuit-elle. Alors progressivement, nous mettons en place un réseau d’excellence constitué d’écoles motivées et de partenaires compétents. ll faut du temps pour former les équipes et monter les actions sur les routes. Mais cette approche permet de protéger efficacement les enfants. Elle entraîne aussi l’engagement d’autres acteurs en faveur de la sécurité routière. »

 

Piétons et cyclistes, un enjeu clé au Malawi

Depuis 2015, les efforts déployés pour réduire les accidents se multiplient. Les autorités combattent par plusieurs nouvelles mesures l’abus d’alcool au volant, la vitesse excessive et le non-respect de la signalisation : policiers équipés d’éthylomètres, taux limite d’alcoolémie fixé à 0,8 gramme par litre de sang, multiplication des contrôles de vitesse, déploiement de radars caméras, ou encore confiscation immédiate du permis en cas d’infraction grave. Selon le Malawi Police Service (MPS), le nombre d’accidents a cependant augmenté de 35 % en 2018, mais celui des tués sur les routes serait resté stable. D’après le dernier rapport de l’OMS, le pays compte toujours l’un des taux d’accidents de la route les plus élevés d’Afrique, avec 31 morts pour 100 000 habitants. Ce taux place le pays au 7e rang en Afrique et au 11e rang mondial. Le Malawi est aussi le 3e pays au monde le plus dangereux pour les piétons, avec un taux de 15,4 morts pour 100 000 habitants, et le 2e pays au monde pour le nombre de cyclistes tués, avec 5 morts pour 100 000 habitants.

 

CHIFFRES CLES SECURITE ROUTIERE AU MALAWI :

  • 8000 enfants sensibilisés depuis 2014
  • 3e pays le plus dangereux au monde pour les piétons
  • 5 écoles primaires ont déployé la campagne depuis 2014