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Ouganda - De jeunes soudeurs se forgent un nouveau destin

ÉDUCATION ET INSERTION DES JEUNES – ENGAGÉ POUR L’AUTONOMIE DES JEUNES EN SITUATION DE FRAGILITÉ SOCIALE

Un programme de formation d’envergure pporte à de jeunes ougandais de la région de l’Albertine et des district situés autour du futur oléoduc EACOP des compétences en soudage reconnues au niveau international. Cette initiative unique leur ouvre les portes de l’industrie oil & gas, du marché du travail et d’une vie meilleure.

Isaac Ocungi a toujours été passionné par le travail des soudeurs installés sur les bords des routes de l’Ouganda. Enfant déjà, il les regardait, fasciné, assembler et réparer toutes sortes d’objets métalliques, des châssis de voitures aux barbecues. « J’ai très vite voulu en faire mon métier », dit-il. Lorsqu’il quitte sa ville natale Nebbi, au nord du pays, pour suivre des études en génie industriel et en management à Kampala, la capitale, cette idée lui trotte encore dans la tête...

Une certification internationale

A 24 ans, il sort diplômé d’un Bachelor of Science in Industrial Engineering and Management de l’université de Kyambogo avec un solide bagage technique. « Je me suis pourtant aperçu rapidement qu’avec les connaissances acquises là-bas je ne maîtrisais pas les compétences pratiques requises pour effectuer les mêmes tâches que ces soudeurs, poursuit-il. Il restait un grand fossé à combler pour exercer le métier qui me tenait tant à cœur ! »

Alors, quand Total E&P Ouganda lance début 2018 un programme de formation de soudeurs, il saute sur l'occasion. Les appels à candidatures sont relayés sur les stations de radio locales, via les instituts de formation professionnelle, les fonctionnaires de districts et les autorités locales. « J’ai postulé immédiatement et j’ai été sélectionné avec 24 compatriotes pour étudier le soudage 2G et 4G. » Ils achèvent leur stage fin 2018, suivis par 50 autres soudeurs en 2019 puis 75 en 2020, tous évalués pour obtenir la certification selon les normes internationales, telles qu’American Welding Society1 (AWS) et ISO 9606-1.

Un cursus supervisé par GIZ E4D 2

D’une durée de trois mois avec hébergement en pension complète, la formation leur permet de maîtriser la technique de soudage de structures en position horizontale (2G), verticale (3G) et au plafond (4G), et pour certains le soudage de tubes (6G). L’apprentissage en classe est complété par des travaux pratiques au poste à souder. Les cours sont également dédiés à l’acquisition de connaissances et de compétences en qualité, santé, sécurité et environnement (QHSE). L’enseignement est conforme aux exigences de l'industrie pétrolière et gazière, avec certification Working Safely délivrée par des agences réputées comme l'Institution of Occupational Safety and Health (IOSH) et ECITB ICE (International Competence in Engineering)

 

Le cursus est dispensé par les prestataires ougandais The Assessment and Skilling Centre (TASC), Solid Rock Life & Business et Sunmaker Energy, et est entièrement financé par Total E&P Ouganda. Le Groupe intervient en partenariat avec l’agence de développement allemande (GIZ). Forte de son expérience en élaboration et déploiement de programmes de développement de compétences, GIZ assure, à travers le programme E4D (Employment and Skills for Development in Africa), le suivi et l’accompagnement technique sur le projet et intègre certains de ses propres programmes, tels que Formation à l’Entrepreneuriat et aux Soft skills. En 2019, Total a décidé de lancer un second programme de formation axé sur le contrôle de la qualité, en inspection de soudage.

Un tremplin pour l’insertion

photo_1_portrait.jpgLa professionnalisation du soudage en Ouganda par la certification internationale fait partie des progrès de cette industrie dans le pays et dans la région en général. Les activités d’acquisition et renforcement des compétences s’inscrivent dans le cadre du projet de développement pétrolier de Tilenga dans les districts de Buliisa et de Nwoya, près du lac Albert, et du projet d’oléoduc East African Crude Oil Pipeline (EACOP), qui acheminera le pétrole vers Tanga, second port de Tanzanie. Les soudeurs formés sont tous originaires de la région de l'Albertine et des districts situés le long du tracé du pipeline.

Les qualifications acquises vont permettre à cette main d’œuvre locale de travailler sur les chantiers de la raffinerie et de l’oléoduc, comme techniciens certifiés. Le programme renforce ainsi l’autonomie de ces jeunes, qui peuvent prendre en main leur destin et participer activement au développement du pays. C’est un engagement fort en faveur des communautés qui vivent autour des futures installations. L’apprentissage reçu leur ouvre de nombreuses autres opportunités d’emplois dans différents secteurs d’activité, dans d’autres régions de l’Ouganda et dans tout pays où ils choisiront de faire carrière.

J’attends avec impatience le démarrage des projets Tilenga et EACOP. C’est la clé d’un avenir prometteur.

Isaac Ocungi

Vers une vie meilleure

Un système de suivi des anciens stagiaires a été déployé pour les accompagner tout au long de leur parcours. Plusieurs d’entre eux ont été recrutés par des entreprises locales, comme Fabrication Systems Uganda Limited, spécialisée dans les travaux de génie civil et de fabrication en acier et en aluminium. Les formateurs ont également mis en place une unité d'ingénierie qui accueille certains d’entre eux, restés sans emploi.

« Participer à ce cursus a rendu ma vie meilleure, estime Isaac Ocungi. Dans la foulée, nous avons créé fin 2019 avec des camarades de stage notre propre entreprise de soudage, Coded Welders and Contractors (U) Limited. J’en suis le responsable HSE. » Grâce aux compétences acquises, ils font aujourd’hui la différence sur le marché national, en fabriquant des produits métalliques de haute qualité, aux normes internationales : grilles de barbecue, lits, portes, fenêtres, portails ou jeux pour enfants. « Nous avons réussi à faire enregistrer l'entreprise dans la base de données nationale des fournisseurs du secteur pétrolier et gazier en Ouganda, souligne-t-il. J’attends maintenant avec impatience le développement des projets Tilenga et EACOP, afin que nous puissions y prendre part. C’est la clé d’un avenir prometteur. »

Participer à ce cursus a rendu ma vie meilleure.

Isaac Ocungi

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Chiffres clés: 

  • 150 soudeurs certifiés formés depuis 2018, en 6 sessions de 25 étudiants, dont 15% de femmes.
  • 225 apprentis devraient rejoindre la formation en 2021, y compris des contrôleurs de qualité

1 : organisation à but non lucratif dédiée à l'avancement de la science, de la technologie et de l'application de la soudure ainsi que du processus de coupe, du brasage, du soudage et de la projection thermique.

2 : GIZ agence allemande de coopération technique internationale. Elle s’engage activement en faveur de la formation internationale, aidant les individus, les gouvernements et sociétés du monde entier à développer leurs propres perspectives et à améliorer leurs conditions de vie.